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Depuis quelques mois, notre pays traverse une crise sociopolitique à laquelle s’est greffée une crise sécuritaire caractérisée par la recrudescence du grand banditisme, notamment dans les milieux urbains. En réaction à ce fléau, les populations se livrent souvent à des actes de vindicte populaire attentatoires aux droits fondamentaux à la vie, à l’intégrité physique. 

Se fondant sur l’Acte fondamental du Mali, la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, sacralisant tous les droits à la vie, à l’intégrité physique, à la sécurité, à la propriété, à une justice indépendante, impartiale, équitable induisant la présomption d’innocence, la CNDH :

  • condamne tous les actes criminels perpétrés par les bandits de grand chemin ;
  • condamne fermement tout acte de justice privée et/ou de vindicte populaire ;
  • rappelle que nul n’est à l’abri de tels actes dès lors qu’il suffit parfois de se trouver au mauvais moment et au mauvais endroit ;
  • appelle les autorités judiciaires compétentes à rechercher, poursuivre et juger toute personne impliquée dans la perpétration de tous crimes, abus et violation des droits de l’homme, conformément à la loi ;
  • exhorte les forces de sécurité à améliorer leurs performances dans la lutte contre la délinquance violente et à ne point abdiquer aux populations la sécurisation des personnes et de leurs biens ;
  • invite les populations à s’abstenir de se rendre justice et à plutôt conduire devant les autorités compétentes les personnes suspectées d’avoir commis ou tenté de commettre des infractions ou autres actes malveillants.

Pour la CNDH, la protection des droits de l’Homme est une responsabilité partagée.

Bamako, le 29 juillet 2020

Le Président

Monsieur Aguibou BOUARE

Chevalier de l’Ordre National