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Le Président de la CNDH, M. Aguibou  BOUARE, a été choisi comme Parrain de l’important programme de recherche appliquée « Esclavage et migration forcée au Mali (EMiFo).

Cette consécration est la preuve, si besoin en était, de l’engagement indéfectible de l’Institution Nationale des droits de l’homme dans la lutte contre le fléau de l’esclavage par ascendance, singulièrement dans  la Région de Kayes.

C’était à l’occasion de l’ouverture de l’atelier de renforcement des capacités des para-juristes, sous la Présidence du ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique , M. Amadou KEITA, ce lundi 16 novembre 2020 dans les locaux de la Faculté de Droit public (ex-ENA) de l’Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako.

Le Président a prononcé le discours ci-dessous: 

Mesdames et Messieurs ;

Permettez-moi d’exprimer toute ma gratitude au Responsable du Projet de recherche appliquée « Esclavage et migration forcée au Mali (EMiFo).», le Professeur Bakary CAMARA,  pour m’avoir choisi comme parrain de cette activité combien importante pour la lutte contre l’esclavage par ascendance dans notre pays. Cela constitue un témoignage éloquent, s’il en était besoin, de la souscription de votre projet à notre idéal commun d’un monde de paix, plus juste et respectueux de la dignité humaine.

Distingué(e)s invité(e)s ;

Permettez-moi de vous présenter brièvement la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH). Autorité Administrative Indépendante et conforme aux principes de Paris, la CNDH a été créée par la Loi n° 2016-036 du 07 juillet 2016, la CNDH a pour missions « la protection et la promotion des droits de l’homme ainsi que la prévention de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants ». 

Dans le domaine de la protection des droits de l’Homme, la CNDH est chargée entre autres :

– d’entreprendre des enquêtes, notamment sur des questions de violations des droits de l’homme et d’adresser aux autorités concernées des recommandations sur des mesures visant à renforcer la protection et la culture des droits de l’homme;

– de recommander aux pouvoirs publics toutes mesures tendant à renforcer le respect et l’effectivité des droits de l’homme

– de veiller au respect des droits des groupes ou personnes vulnérables notamment les femmes, les enfants, les personnes âgées.

En matière de promotion des droits de l’homme, la CNDH est chargée:

– de mener toute action de sensibilisation, d’information et de communication en vue d’instaurer une culture des droits de l’homme ;

– de promouvoir la recherche, l’éducation et l’enseignement des droits de l’homme dans tous les cycles de formation et dans les milieux socioprofessionnels; 

– de renforcer la capacité d’intervention des associations de défense des droits de l’homme.

– La CNDH est tenue de produire un rapport annuel sur la situation des droits de l’Homme qui est débattu en plénière à l’Assemblée nationale.

Chers invités ;

La consécration des droits universels et inaliénables inhérents à tous les membres de l’espèce humaine dans le Préambule de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948, fondement d’un monde de paix, de justice, d’égalité, est loin d’en assurer une jouissance effective.

Mesdames et Messieurs ;

Depuis un certain moment, notre pays est confronté, sur certaines parties de son territoire, aux manifestations violentes en lien avec le fléau de l’esclavage par ascendance. 

Cette pratique digne d’une autre époque, outre qu’elle porte atteinte à la dignité humaine, met en péril la cohésion sociale dans les régions où elle sévit.

En effet, de pratique culturelle peu ou prou acceptée, cette forme d’esclavage est devenue aujourd’hui une source d’abus de droits, de pratiques avilissantes à l’encontre de toute personne s’élevant contre son « statut d’esclave ». 

Ces personnes sont l’objet de traitements discriminatoires, inadmissibles attentatoires à leur dignité d’homme libre, notamment sous forme de sévices corporels, de torture psychologique, de mesures vexatoires, humiliantes, d’atteintes à la liberté de circulation, à la liberté de mariage, au droit de propriété, au droit à la santé, au droit à l’éducation, bref à la violation systématique des droits fondamentaux des personnes sous sujétion.

Mesdames et Messieurs, distingués invités ;

Il nous faut, sans cesse, nous en convaincre et réaffirmer que les droits de l’homme ne sont pas une œuvre de charité, une faveur que les Etats accordent aux citoyens. Ils sont, tout au contraire, une obligation fondamentale à la charge de l’Etat, principal débiteur, à l’égard de toute personne vivant sur le sol Malien et pour toujours.

Cette exigence légale est d’autant plus vraie que les abus et violations graves des droits de l’homme que connaît notre pays ne doivent aucunement rester impunies.

Chers participants ;

La lutte contre l’esclavage par ascendance est un combat de longue haleine dans lequel l’éducation, la formation, la sensibilisation des parties prenantes constituent un moyen indispensable et efficace, parallèlement à l’obligation pour l’Etat d’appliquer les instruments juridiques nationaux et internationaux en la matière d’où le rôle déterminant de vous les para-juristes, au-delà de l’engagement de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme.

Chers participants;

Je suis donc conscient de la charge de travail qui vous attend après cet atelier.

Je demeure convaincu qu’avec le concours des personnes ressources sollicitées pour cette formation, les échanges que vous aurez durant ces dix jours, vous permettront de mieux appréhender les attentes dans le cadre de cet exercice de renforcement des capacités. 

Mesdames, Messieurs, Distingués invités,

Je clos mon propos par cette citation de Nelson MANDELA : « priver les gens de leurs droits fondamentaux revient à contester leur humanité même ».

Pour la CNDH, la protection des droits de l’Homme est une responsabilité partagée.

JE VOUS REMERCIE.

La Rédaction.