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Dans une interview accordée aux confrères de la LTV, le Président de la CNDH, M. Aguibou BOUARE, a dénoncé les arrestations extra-judiciaires survenues récemment à Bamako au Mali.

« Notre mission quotidienne est de veiller au respect et à la protection des droits de l’Homme. Bien avant cette période transitoire sous le régime précédent, nous avons toujours veillé au respect et à la protection des droits de toute personne résidant au Mali. Lorsque nous avons appris ces arrestations, hors du cadre légal, puis qu’il s’agit des arrestations arbitraires et extra-judiciaires, nous avons dénoncé cette violation des droits de l’Homme et après nous avons cherché à rencontrer les personnes qui ont ainsi été privées de leurs libertés hors de tout cadre légal.
Dieu merci, nous avons pu rencontrer certaines d’entres elles et nous nous sommes entretenus avec elles et nous estimons que certains de leurs droits ont été violés, leurs droits fondamentaux, notamment relativement aux conditions de détention au niveau des services de la Sécurité d’Etat et ensuite ils ont été privés du droit de visite extérieure, notamment de la visite de leurs parents. Donc tout cela constitue des violations des droits fondamentaux de notre pays.
Effectivement, il y a ce qu’on fait publiquement et il y a ce qu’on fait de façon officielle à travers les échanges de courriers de correspondances pour solliciter l’intervention des autorités ou bien pour leur faire des recommandations parce que nous jouons également de conseil auprès de l’Etat par rapport aux questions de droits de l’Homme; Donc, nous avons attiré leur attention sur ces situations qui ne respectent pas les Droits de l’Homme et nous avons bon espoir que ces irrégularités seront corrigées et que dans l’avenir qu’on n’assistera pas à d’autres violations des droits de l’Homme.
Il n’y a pas de raison que les libertés fondamentales soient menacées au prétexte de l’Etat d’urgence ou de la situation d’exception, je pense que les droits de l’Homme doivent être respectés en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. Il est vrai que l’Etat d’urgence induit un certain nombre de restrictions aux libertés, mais cela doit intervenir strictement dans le cadre de la légalité, de la nécessité et de la proportionnalité. Donc l’Etat d’urgence ne doit pas servir de prétexte pour violer les libertés fondamentales, notamment la liberté d’opinion, la liberté de presse où la liberté d’expression.
Nous avons vu le communiqué du Procureur de la République qui atteste que l’affaire a été judiciarisée, donc ce qui est conforme à ce que nous avons demandé parce que nous ne demandons pas de ne pas poursuivre les gens, mais nous demandons de le faire dans le cadre de la légalité, dans le cadre de la réglementation. A partir du moment où la justice est saisie de l’affaire, nous ne pouvons que suivre le déroulement de la procédure et nous avons espoir que la justice fera son travail, pour traduire ceux qui sont coupables et relâcher ceux qui n’ont rien fait, les innocents.
Au respect et à la protection des droits de l’Homme sur l’étendue du territoire national, nous sommes l’institution nationale qui a été mise en place par l’Etat pour veiller à cela et nous ne cesserons jamais de rappeler que nul n’est à l’abri de la violation de ses droits. Ce qui est arrivé à ces personnes qui ont été enlevées peut arriver à toute autre personne et à tout moment. Donc, nous estimons que nous devons nous donner la main pour vraiment lutter contre ces genres de violations des droits de l’Homme, parce que du jour au lendemain on peut se retrouver dans cette situation de faiblesse ou de victime quel que soit le niveau de poste ou le niveau de responsabilité qu’on assume. Vous avez des exemples où jusqu’à un haut niveau de la Présidence des personnes ont été enlevées de façon illégale, donc nul n’est à l’abri de la violation de ses droits encore une fois.
Le combat des droits de l’Homme doit être le combat de tout le monde y compris ceux qui pensent que ça les arrange à un certain moment de la vie parce que, ce qui est important à souligner, ce sont des actes qui vont toujours rattraper, parce qu’il y a des mécanismes juridictionnels nationaux et internationaux, donc si vous échappez à la justice nationale, vous n’échapperez pas à la justice internationale y compris la CPI. Donc il est important qu’on respecte les droits fondamentaux surtout que, ce sont des textes que nous mêmes avons ratifiés à commencer par la loi fondamentale de notre pays, la Charte de la transition ».
La Rédaction.