Le Mali, à l’instar de la communauté internationale, célèbre aujourd’hui, 08 mars 2024, la Journée internationale des femmes, sur le thème national « la représentativité des femmes dans la vie politique : défis enjeux et perspectives ».

Pour rappel, cette journée trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du xxe siècle, en Europe et aux États-Unis, réclamant de meilleures conditions de travail et le droit de vote. C’est en 1975, lors de l’année internationale de la femme que l’Organisation des Nations Unies a commencé à célébrer la journée internationale des femmes, chaque 8 mars.

C’est l’occasion pour la CNDH de saluer les efforts du gouvernement pour la promotion et la protection des droits de la femme, à travers tant les mesures législatives que politiques.

Ainsi, la Constitution du 22 juillet 2023 fait une place importante aux droits de l’Homme y compris le droit de la femme, en y consacrant un chapitre entier et 24 articles. 

La CNDH se félicite de ce progrès en faveur des droits de l’Homme. Par ailleurs, le projet de loi de relecture des codes pénal et de procédure pénal, se trouvant actuellement au niveau du CNT, prenant en compte certaines dispositions en lien avec les VBG, notamment l’incrimination des MGF, est un progrès que salue la CNDH.

La CNDH se réjouit également, de l’adoption de la Loi N° 2023-032 du 08 juin 2023, portant création de l’autorité de gestion des réparations en faveur des victimes des crises au Mali.

Ces avancées, non exhaustives, ne sauraient occulter les nombreux défis auxquels les droits de la femme font face.

La situation des droits de la femme n’est malheureusement pas reluisante. En 2023, les féminicides, les atteintes graves à l’intégrité physique des femmes étaient récurrentes. Les victimes et les associations féminines ont le sentiment d’un laxisme dans la poursuite contre les auteurs de crimes crapuleux, pour ne pas dire déplorent une certaine impunité en la matière. La CNDH exhorte les autorités à plus de sévérité afin de réduire les violences dont les femmes sont victimes.

La représentativité des femmes dans la vie publique et politique n’est pas encore effective, due notamment à l’inefficacité de la loi 052, sur le respect des 30% dans les postes nominatifs, d’où la pertinence du thème retenu pour cette édition par le Mali.

Les femmes sont confrontées à des manques de financement,  véritable obstacle à leur autonomisation et leur participation au développement économique du pays.

La CNDH, appelle l’attention du gouvernement sur la nécessité de garantir les droits des femmes et des filles dans tous les aspects de la vie en favorisant l’égalité d’opportunité entre les hommes et les femmes, pour une société inclusive soucieuse du respect des droits de l’Homme.

Enfin, la CNDH exhorte les femmes à se former, notamment sur leurs droits afin de jouer le rôle qui leur incombe dans la promotion et la protection de leurs droits. 

La formation et le renforcement de capacité, constituent une condition incontestable pour que les femmes occupent des postes de décision.

En somme, investir en faveur des femmes est un impératif pour les droits humains, pour un état de droit, pour la démocratie, pour une économie forte, pour une participation effective à la vie publique et politique.

La CNDH souhaite une excellente journée des droits de la femme, du 8 mars à toutes les femmes du Mali.

Pour la CNDH, la protection des droits de l’Homme est une responsabilité partagée.