Le Mali, à l’instar de la communauté internationale, célèbre aujourd’hui, 12 juin 2024, la Journée mondiale de lutte contre le travail des enfants.

Selon l’Organisation internationale du Travail (OIT), le terme « travail des enfants » est souvent défini comme un travail qui prive les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et qui nuit à leur développement physique et mental.

Le travail des enfants constitue une violation de leurs droits fondamentaux, inscrits dans la Convention des droits de l’enfant, adoptée en 1989. Il constitue également un frein considérable au développement durable. Malgré l’adoption de cette Convention, le travail des enfants persiste encore aujourd’hui à différents niveaux, partout à travers le monde.

« Vingt-deux ans de célébration à travers le monde, mais le phénomène du travail des enfants persiste. » tel est le triste constat, en ce jour de commémoration de la journée mondiale de lutte contre le travail des enfants.

Le 12 juin a été décrété journée mondiale de lutte contre le travail des enfants en 2002 par l’OIT, afin d’attirer l’attention des différents acteurs sur ce fléau.

Au Mali, la problématique du travail des enfants demeure une réalité préoccupante.

Le contexte politico-sécuritaire et humanitaire délétère, les tensions voire les crises diplomatiques avec certains pays partenaires, la fermeture des écoles dans les zones de conflit,  la crise énergétique, la cherté  de la vie de façon générale, sont des facteurs favorisant la paupérisation de la population. Or, la pauvreté et le manque d’accès à l’éducation sont les principales causes du travail des enfants. Ce travail des enfants est plus fréquent, notament dans les secteurs de l’agriculture, des mines,  des tâches domestiques pour les filles.

Ces enfants travaillent de longues heures, bien au-delà̀ de la limite fixée par la législation nationale, et reçoivent un salaire faible ou nul. Ils peuvent également manipuler des pesticides nocifs, travailler dans l’isolement, être exposés à des températures souvent extrêmes, sans nourriture ni repos suffisants et dans des conditions qui peuvent nuire gravement à leur développement physique et psychologique. Souvent, ce travail se fait au détriment de leur éducation.

Le Mali s’est pourtant engagé à combattre ce fléau par plusieurs mesures législatives et politiques.  La constitution du 22 Juillet 2023 dispose en son l’article 3 que « L’Etat assure la protection de l’enfant contre le trafic de personnes et les infractions assimilées et contre l’enrôlement dans les groupes extrémistes violents ».

Le pays a ratifié des instruments juridiques internationaux et régionaux de protection et de promotion des droits de l’enfant, principalement la Convention relative aux droits de l’enfant, la Charte africaine relative aux droits et bien-être de l’enfant, la Convention n° 138 sur l’âge minimum d’accès à l’emploi et la Convention  n°182 de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants. Au niveau national, outre la Constitution, le Code du travail, le Code pénal et le Code de protection de l’Enfant, le pays s’est doté́ d’une liste de travaux dangereux interdits aux enfants (Arrêté n° 2017 4388/ MTFP-SG du 29 décembre 2017 complétant la liste des travaux dangereux interdits aux enfants de moins de 18 ans). Il a également établi la Cellule nationale de lutte contre le travail des enfants pour assurer la coordination de toutes les actions en la matière.

La CNDH salue les efforts consentis par les autorités du pays pour l’effectivité des droits des enfants maliens, en particulier pour l’éradication des pires formes de travail des enfants. Toutefois, elle les encourage vivement à accélérer le rythme en raison de l’urgence due à l’ampleur du phénomène, d’autant plus que le thème de cette édition est : « Respectons nos engagements: mettons fin au travail des enfants! »

La CNDH, invite également les autorités à prendre des mesures idoines afin de lutter efficacement contre le phénomène d’enfants des rues,  qui se développe à travers le  pays, est un facteur d’exploitation, notamment de  traite, d’enrôlement par les groupes terroristes. 

Enfin, l’institution nationale des droits de l’homme profite de cette journée, pour appeler l’attention des autorités sur l’impérieuse nécessité d’assurer la jouissance effective du droit à la survie, droit au développement, droit à la protection et du droit à la participation de tous les enfants maliens sans discrimination, constituant les quatre droits fondamentaux reconnus à tout enfant sans discrimination dans les conventions internationales auxquelles le pays a souscrit.

Pour la CNDH, la protection des droits de l’Homme est une responsabilité partagée.